Grégory Villemin

Audition de Bernard LAROCHE le 31 octobre en garde à vue à la gendarmerie de Bruyères

Bernard LAROCHE : Mais j'ai déjà été interrogé chez moi le 22 octobre et je vous ai déjà donné mon emploi du temps Je me nomme toujours Bernard LAROCHE. J'ai toujours 29 ans et j'exerce toujours la profession de contremaître. Je suis marié et père d'un petit garçon Sébastien. Je suis le cousin de Jean-Marie VILLEMIN. J'ai déjà dit tout ça.

Gendarme : Sans doute, mais il y a un trou dans votre emploi du temps du 16 octobre. Entre 16h30 et 17h30. Expliquez nous ça.

Bernard LAROCHE : J'ai rentré du bois. Puis j'ai offert un verre de vin à ma tante Louisette qui m'avait aidé. On a trinqué ensele. Puis je l'ai raccompagnée chez elle. C'est à 200 m de chez moi. Je me suis rendu chez Michel VILLEMIN en voiture.

Gendarme : A quelle heure vous arrivez ?

Bernard LAROCHE : J'ai pas regardé ma montre. 15h40-16h. A peu près. Michel VILLEMIN m'a ouvert la porte. Il m'a fait entrer dans la cuisine. On a bavardé. Des banalités. On a feuilleté un catalogue des Trois Suisses.

Gendarme : Votre fils S n'était pas à l'école ?

Bernard LAROCHE : Le mardi après midi, c'est le jour de la piscine pour les enfants du primaire. Ceux de la maternelle, les parents les gardent. S était avec moi. Il a joué avec le fils de Michel VILLEMIN pendant qu'on discutait.

Gendarme : Et ensuite ?

Bernard LAROCHE : J'avais rendez vous à 16h30 avec mon copain ZONCA. Il est contremaître dans la contre-équipe. On devait se retrouver chez la tante Louisette pour aller au Champion de Laval-sur-Vologne. Il y avait du vin en promotion. A quelle heure j'ai quitté Michel VILLEMIN ? J'ai pas regardé. J'habite à deux minutes de chez lui. mais j'étais à l'heure à 16h30 chez ma tante Louisette pour y attendre ZONCA.

Gendarme : Il est venu ?

Bernard LAROCHE : Je l'ai attendu jusqu'à 17h15 environ. Puis j'ai appelé Sébastien, on a pris la voiture et j'ai poussé jusqu'à chez ZONCA. A Granges. A 5 minutes. sa maison est entourée d'un mur. Je suis entré en voiture dans la cour. Sa R5 blanche n'était pas là. chez lui c'était fermé à clé, mais la clé était dans la serrure. Je suis reparti. Attendez! Un détail me revient : en sortant de la cour avec ma voiture, je me suis avancé pour voir si la voie était libre. A ce moment là, une voiture a surgi. Une Golf ou une Polo Volkswagen bleue. elle était en train de doubler une autre voiture. J'ai pilé sec.

Gendarme : Les autres conducteurs vous ont vu?

Bernard LAROCHE : je saurais pas vous dire? je suis retourné chez tante Louisette parce que je pensais que ZONCA avait très bien pu y venir entre temps.

Gendarme : En roulant vous écoutiez la radio?

Bernard LAROCHE : Pfff j'ai la radio à bord, mais vous dire si je l'avais allumée...

Gendarme : Donc vous arrivez chez votre tante ?

Bernard LAROCHE : Vers 17h30 ma belle soeur Murielle BOLLE était là. la télévision fonctionnait.

Gendarme : vous vous souvenez des programmes?

Bernard LAROCHE : J'ai pas fait attention. Quoique... il me semble que c'était des clips video sur Télé Luxembourg. Je suis resté dix minutes un quart d"heure. Puis je me suis rendu au magasin Champion à Laval aux environs de 18h. y avait plus guère de clients. J'ai demandé où se trouvaient les lots de vin. La caissière m'a conseillé de prendre deux caddies ce que j'ai fait. Je me suis servi et je suis allé à la caisse en poussant un caddie et en tirant l'autre.Là je me suis rendu compte que j'avais oublié mon carnet de chèques dans la voiture. J'ai laissé S auprès des chariots et je suis allé chercher ma sacoche dans la voiture.

Gendarme : Et ensuite ?

Bernard LAROCHE : Bah je suis revenu à la caisse et j'ai payé.

Gendarme : Vous vous souvenez de la caissière ? Elle était blonde? Brune? Elle portait des lunettes ?

Bernard LAROCHE : Elle portais une blouse orange, pour le reste...

Gendarme : Ensuite ?

Bernard LAROCHE : Je quitte le supermarché. Vers 18h10. et je passe au café hotel la Renaissance à Bruyères. J'avais gagné le tiercé. J'allais le toucher. Le café était fermé, mais je suis passé par la porte de l'hotel. La patronne, une vieille dame à lunettes, m'a dit que le bar était fermé. J'ai répondu que je venais toucher le tiercé. "Vous êtes d'où" elle m'a demandé? Alors je lui ai dit Aumontzey. Bon je vais vous payer pour vous éviter d'avoir à revenir. qu'elle m'a dit et elle m'a versé les 163 francs du tiercé du dimanche 14. S était toujours avec moi. Sur le retour, vers 18h30, j'ai croisé la Datsun d'Albert VILLEMIN. C'est Michel VILLEMIN qui conduisait. J'ai fait un signe de la main.Les passagers, je les ai pas reconnus. J'ai déposé Sébastien chez ma tante Louisette, et je suis remonté chez moi pour décharger le vin. Ensuite je suis allé dîner chez ma tante. A 20 heures, je suis remonté mettre mon fils au lit et vers 20h45 je suis parti au travail. Avant d'aller au tissage, je suis repassé chez tante Louisette pour lui remonter son réveil.

Gendarme : Quand avez vous appris la mort de Grégory ?

Bernard LAROCHE : Le lendemain mercredi à 10 heures. ma femme m'a réveillé avec le journal.

A minuit, Bernard LAROCHE rappelle les gendarmes

Bernard LAROCHE : Ca y est je me souviens, la voiture bleue que j'ai failli me prendre à la sortie de chez ZONCA, hé bien je connais un gars à Granges qui en possède une. Il s'agit de M. F. Gendarmes- Quand avez vous fait installer le téléphone ?

Bernard LAROCHE : En janvier 81

Gendarme : Avez vous reçu des appels téléphoniques anonymes ?

Bernard LAROCHE : Oui. des farces que me faisaient des filles. "Mon chéri j'ai envie de toi" des trucs comme ça. Histoire de semer la zizanie dans mon ménage

Gendarme : Vous est-il arrivé de passer des coups de fil anonymes ?

Bernard LAROCHE : Non. ah si j'avais su le nom de celles qui me faisaient des blagues, je dis pas...

Gendarme : vous avez été élevé avec Jacky VILLEMIN ?

Bernard LAROCHE : C'est vrai, j'ai été élevé par ma grand-mère Adeline JACOB avec Jacky VILLEMIN pendant environ 6 ans. mais je suis plus lié avec Michel VILLEMIN.

Gendarme : Vous vous souvenez du mariage de Jacqueline VILLEMIN ?

Bernard LAROCHE : Oui j'étais déjà marié. Y'avait Jean-Marie VILLEMIN et Christine VILLEMIN, mais eux étaient seulement fiancés.

Gendarme : Oui ou non avez-vous tenté de faire du pied à Christine VILLEMIN?

Bernard LAROCHE : c'est faux. ou alors...

Gendarme : Ou alors ?

Bernard LAROCHE : Ou alors je devais tenir une sacrée cuite.

Gendarme : Vous étiez jaloux de Jean-Marie VILLEMIN ?

Bernard LAROCHE : Jaloux ? Pourquoi donc ?

Gendarme : il était contremaître.

Bernard LAROCHE : Mais je suis contremaître...

Gendarme : Quand et comment l'êtes vous devenu ?

Bernard LAROCHE : En septembre 84. Et uniquement par mon travail personnel.

Gendarme : Votre fils Sébastien a des ennuis de santé?

Bernard LAROCHE : Oui

Gendarme : il est né combien de temps après le petit Grégory ?

Bernard LAROCHE : Dix jours.

Gendarme : Quels ennuis de santé ?

Bernard LAROCHE : Un kyste a la tempe gauche. Non à la droite. Il a été opéré à 6 mois. on lui a retiré le kyste. Depuis il porte un drain en permanence derrière l'oreille c'est invisible et ça ne lui cause aucun handicap physique. D'ailleurs vous avez qu'à demander à l'hôpital St-Julien à Nancy. C'est là qu'il est suivi.

Gendarme : Vous êtes bien propriétaire d'une Peugeot 305 verte?

Bernard LAROCHE : Mais non. ma Peugeot elle est gris fumé. Pourquoi voulez-vous qu'elle soit verte?

L'interrogatoire reprend jeudi 1er novembre

Bernard LAROCHE : Je connais les problèmes des VILLEMIN par Michel VILLEMIN, et sa mère, Monique VILLEMIN, qui m'a parlé des lettres et des coups de fil.

Gendarme : Ces coups de fil anonymes ont commencé quand?

Bernard LAROCHE : En septembre 81

Gendarme : Comment pouvez vous être aussi précis?

Bernard LAROCHE : Je venais de commencer un stage de reconversion,et mon père se trouvait à l'hôpital. Par la suite Michel VILLEMIN m'a appris que la famille avait déposé plainte et avait demandé à être mise sur table d'écoutes

Gendarme : Avez-vous été inquiété dans cette affaire?

Bernard LAROCHE : Non

Gendarme : Avez-vous vu des lettres anonymes?

Bernard LAROCHE : J'ai vu celle où il était écrit "j'arrête, je me suis vengé" c'est AV qui me l'a montrée. Ah et puis, au début de l'année, mais je me souviens plus du jour, Michel VILLEMIN est venu me voir. Il était tres énervé parce qu'il venait de recevoir un coup de téléphone lui déclarant que j'étais le père de son enfant.

Gendarme : Que lui avez vous répondu?

Bernard LAROCHE : Que j'espérais bien qu'il n'en croyait pas un mot. Et Michel VILLEMIN m'a répondu qu'il avait confiance en moi.

Gendarme : Il y a eu quelque chose entre vous et GiV?

Bernard LAROCHE : Rien, jamais. Pour en revenir au coup de fil, je pense que c'était quelqu'un qui devait bien me connaître, puisqu'il a dit : "c'est Popof le père de son enfant" y a que dans la famille qu'on me connait comme ça. Au travail on m'appelle "Cailloux"

Gendarme : Pourquoi ?

Bernard LAROCHE : Ben ... L, cailloux, faut vous faire un dessin?

Gendarme : Vous avez déjà été invité chez les V ?

Bernard LAROCHE : A deux occasions. Autant que je me souvienne, à ces deux soirées, y avait tous les V. Sauf JV toujours exclu.

Gendarme : C'est vous qui avez demandé à votre femme de nous téléphoner ?

Bernard LAROCHE : Heu...oui.

Gendarme : Pourquoi n'a-t-elle pas téléphoné de chez vous, vous avez le téléphone. Alors pourquoi nous appeler d'un café ?

Bernard LAROCHE : Elle me l'a pas expliqué.

Gendarme : Ne trouvez-vous pas que le fait de déclarer que JV et sa famille étaient vus à 5h10 du matin n'a aucun rapport avec le crime?

Bernard LAROCHE : J'ai pensé que ça pouvait vous interesser. C'est tout.

Gendarme : Qu'avez vous fait le 15 octobre?

Bernard LAROCHE : Je me suis levé un peu avant 13h et puis je suis allé demander à Michel s'il voulait m'aider à scier du bois. On a laissé nos gosses à l'école et puis on a scié.

Gendarme : En sciant, vous avez échangé des propos, vous avez discuté?

Bernard LAROCHE : Ben on voit que vous maniez pas souvent la tronçonneuse. Parler en sciant, c'est pas possible Vers 16 heures on a fait la pause alors on a causé.

Gendarme : De quoi?

Bernard LAROCHE : De choses et d'autres.Puis on est repassé à l'école prendre les enfants. ensuite on est rentré chez nous.

Gendarme : Vous possédez une cassette sur laquelle se trouve la chanson "Chef, un petit verre on a soif".

Bernard LAROCHE : Oui, depuis un an. c'est un oncle qui l'a offerte à MA.

Gendarme : De quels sobriquets appelez vous votre fils?

Bernard LAROCHE : Son surnom, vous voulez dire ? "Bibiche" ou "Petit coeur".

Gendarme : Jamais Titi?

Bernard LAROCHE : Non. C'est Prince, mon chien, que j'appelle parfois comme ça.

Gendarme : Et la longue vue qu'on a retrouvée chez vous, dissimulée sous une pile de livres ?

Bernard LAROCHE : Dissimulée ? Elle était là sous les magazines, sans plus. C'est mon père qui me l'a achetée il y a une bonne quinzaine d'années.

Gendarme : Vous vous en servez?

Bernard LAROCHE : Jamais

Gendarme : Vous surveillez les habitations d'Aumontzey avec ? De votre maison qui est située en hauteur par rapport au village, vous êtes bien placé.

Bernard LAROCHE : Ah ça oui. j'ai pas besoin d'une longue vue pour voir à l'oeil nu le toit de la maison d'Albert VILLEMIN. Par contre, même avec un téléscope je peux pas voir celle de Michel VILLEMIN.

Gendarme : Vous avez prétendu n'écrire qu'en script, alors que sur vos cahiers d'écolier qu'on a retrouvés vous aviez une écriture liée ?

Bernard LAROCHE : Je n'ai jamais dit que je n'écrivais qu'en script. C'est comme ça que j'écris le plus souvent. j'ai appris à l'école de mécanique générale de Gerardmer de 69 à 72. Fallait écrire comme ça, c'était obligatoire en dessin industriel et en technologie. c'est depuis que j'écris en script. Mais je peux écrire normalement

Gendarme : Avez vous déjà envoyé des lettres anonymes aux VILLEMIN?

Bernard LAROCHE : Jamais. J'ai rien contre eux. Réfléchissez. Pourquoi j'aurais fait ça? Pourquoi mais dites moi pourquoi à la fin?